Décryptage d’une palette chromatique omniprésente dans la mode, la photographie et le branding.
Brun moka, beige sable, ocre foncé… Ces teintes capturent l’essence du temps, témoignant d’une authenticité brute et intemporelle.
Dans un monde saturé de visuels numériques éphémères et de tendances éclatantes, les tons terreux résonnent comme une invitation à la sérénité. Plus qu’une simple esthétique, ils traduisent un besoin d’ancrage, une quête de naturel et de sincérité qui s’exprime dans la mode, la photographie et le branding.

Des créateurs comme Jacquemus en mode, Carlota Guerrero en photographie, ou des marques comme Aesop et Byredo ont fait de ces teintes leur signature. Ces couleurs adoucissent l’image, la rendent plus tangible et moins artificielle. Elles rappellent la matière brute, l’imperfection maîtrisée, le temps qui façonne et patine. Dans la mode, elles sont synonymes de confort, d’élégance nonchalante et de durabilité, en lien direct avec les matières naturelles et le retour au fait main.

Si cette palette séduit, c’est aussi parce qu’elle s’inscrit dans une transformation culturelle plus large. Elle évoque la terre nourricière, la chaleur du soleil sur la pierre, la douceur de l’artisanat. Dans une époque marquée par la crise climatique et l’accélération digitale, ces teintes traduisent un refus du jetable et du clinquant. Elles rappellent les pigments naturels des fresques anciennes, la palette des maîtres de la Renaissance, ou encore le minimalisme du wabi-sabi japonais.
Dans le branding, elles incarnent des valeurs de confiance et de stabilité. Patagonia, Le Labo ou Aesop les utilisent pour affirmer une identité éco-responsable et intemporelle. Loin du néon tapageur, elles invitent à une connexion plus intime et subtile avec le public.
Dans la musique, elles s’imposent comme une narration visuelle forte. Les pochettes d’albums comme Blonde de Frank Ocean, A Seat at the Table de Solange ou Mr. Morale & the Big Steppers de Kendrick Lamar en sont des exemples marquants. Elles traduisent une introspection, une chaleur feutrée, un refus du sur-traitement numérique au profit d’un retour à l’essence du son.

Les tons terreux ne sont pas une simple tendance, mais un langage universel, à la croisée des aspirations artistiques et émotionnelles contemporaines. Ils permettent aux créatifs d’explorer une esthétique qui évoque autant la sérénité que la puissance.
La question reste ouverte…
Alors, ces couleurs continueront-elles de dominer nos imaginaires ou assisterons-nous à un retour des teintes vibrantes et saturées ?